par Frédéric Vignale

l'Alphabet de l'intime de Juliette Savaëte

Un Peintre digne de ce nom dépasse les limites, les règles et les possibilités du figuratif, il ne représente plus les gens, les décors, les lieux, les perceptions comme un bon élève appliqué, il invente un espace infini, il créait un Univers. Juliette Savaëte peint comme si elle était un Dieu modeste, sensible, serein, exigeant et surpuissant. Un pouvoir omniscient qui avec beaucoup de savoir-faire, de maîtrise et de vérité retranscrit une histoire intime du monde.
Ses tableaux sont des alphabets de langages qui n’existent que dans son œil mais sont compris de tous par leur force esthétique, référentielle, plastique et son berceau d’émotions liées. Il y a ce sens indéniable de la couleur, des couleurs dans chacune de ses toiles, il y a cette beauté inouïe qui nous traverse, cette lumière, ce prisme cosmique qui nous happe mais il y a surtout une grande et une petite histoire. La grande histoire du monde, de la création, du Big bang. Juliette Savaëte est le peintre de l’ADN, le génie de la perception intuitive de la cellule et la capacité d’en faire de l’Art, un Art qui nous parle, qui communique avec notre intellect et nos sens. Un Art vibrant, un Art premier au sens véritable du terme.
Le travail de Juliette Savaëte est le point de jonction, l’épicentre, le chainon manquant entre l’artiste et le scientifique, sauf que grâce à elle la science devient ludique, ronde, gourmande, sensuelle, vivante et qu’elle nous enveloppe avec une grande force tranquille. Voici donc une peinture didactique, prenante, chaude, tourbillonnante, toujours dans un mouvement impeccable, une belle cérémonie de la Naissance.
Juliette Savaëte toujours s’affranchit du cadre, des bordures, des fenêtres de la toile, elle travaille entre le macro et le microscopique pour nous offrir des tableaux saisissants de vie.
Il faut sans doute des semaines, des mois pour accoucher de ces œuvres monumentales au sens strict et métaphoriques du terme, l’exerce est un combat contre le temps, la matière et toutes les contingences de l’artiste. Ces alphabets simples et complexes nous nourrissent d’une formidable densité qui parlent au plus profond de notre perception. On est à la fois nourri par le fond et la forme, la chose se fait en deux temps, un choc esthétique puis un choc intellectuel. Les deux sont un spectacle bouleversant, rare qui ne laissent pas indifférents, qui créait un avant et un après comme si on était scanné, ou pis comme si on était aspergé par un nuage radioactif d’ions positifs, matérialisé par des millions d’entités qui communiquent des cellules picturales à cellules des humains.
La peinture de Juliette Savaëte est d’une incroyable ambition, ses enjeux sont énormes. Juliette va au bout de sa quête folle. Un œil donne naissance d’un Univers parallèle, un microcosme d’une grande puissance symbolique. Les problématiques de cette peinture touchent des choses essentielles, presque graves parfois.

On est dans le contraire du vide, on est dans l’être, on est dans le primordial, le conséquent, on est dans le grand.




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