Décembre 2016par Jean-Paul Gavard-Perret

Le féminin de l’être : Juliette Savaëte

L'œuvre de Juliette Savaëtte ressemble à une attente laquée d'épaisseur dans la poursuite de la transparence et de l'enchevêtrement. L'artiste creuse ou plutôt multiplie des éléments ronds plus ou moins épars et disjoints.
Le tout non sans douceur et finesse voire préciosité. Celle qui fit ses classes auprès de Claude Viallat, a su trouver son propre registre et son langage sur des supports bruts où s’instruit une prolifération extrême d'un système dentelé et coloré.
La toile n’a plus de centre. Les formes rondes semblent y nager en quête de semblables qui pourtant ne sont jamais les mêmes. Une reptation suit son cours et donne à la reconstruction/reconstruction une voie particulière. Travaillant partout et sur tous supports avec des feutres et du papier de diverses qualités, l’artiste cultive l’errance et son œuvre se nourrit des déplacements des formes qui la génèrent. Le tout dans un travail mental qui est autant unes ascèse que l’apparition d’une sensorialité particulière. Chaque œuvre demande à l’artiste un travail énorme, long, lent et minutieux. Il ramène à une forme primaire, cellulaire et matricielle. L’œuvre est donc par essence féminine en ses jeux de variations incessantes et singulières.

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